Le contrôle de gestion gage de la performance et levier de la Bonne Gouvernance dans les administrations publiques au Maroc
Abstract
Le contrôle de gestion apparaît aujourd’hui comme un levier stratégique incontournable pour optimiser la performance organisationnelle et consolider au sein des administrations publiques marocaines. Dans un contexte de modernisation étatique et d’adoption des principes du New Public Management (NPM), ces institutions sont incitées à intégrer des outils et pratiques managériales issus du secteur privé afin de rationaliser l’allocation des ressources publiques et d’élever la qualité des services rendus au citoyens.
La littérature en sciences de gestion, notamment d’Anthony (1965), Bouquin (2011) et Khemakhem (2008), positionne le contrôle de gestion comme un levier central du pilotage stratégique, de la performance organisationnelle, et de la bonne gouvernance publique. Conceptualisé comme un processus itératif, il garantit l’alignement des ressources sur les objectifs stratégiques par une utilisation parcimonieuse et efficiente. Distinct du contrôle à postériori, il déploie un arsenal instrumental multidimensionnel : comptabilité de gestion, budgétisation axée sur la performance, tableau de bord équilibré (BSC) et systèmes d’information managériaux.
Dans le secteur public, la performance adopte une acceptation multidimensionnelle englobant l’efficacité, l’efficience, la qualité de service, la transparence et la satisfaction citoyenne. la gouvernance publique, pour sa part, désigne l’ensemble des mécanismes et processus régissant la prise de décision, l’allocation des ressources et la reddition des comptes. Dans cette perspectives, le contrôle de gestion constitue un instrument pivotal assurant l’alignement entre les objectifs stratégique édictés par la gouvernance et leur traduction opérationnelle.
Le Maroc a engagé une série des réformes structurelles décisives pour moderniser son appareil administratif : la L.O.LF n°130-13 introduit la budgétisation axée sur la performance et la consolidation de la bonne gouvernance ; le Plan nationale de la réforme de l’administration publique (P.N.R.A.P) structure la refonte organisationnelle ; tandis que le Maroc Digital 2030 digitalise les processus. Ces leviers convergent vers une gouvernance publique responsabilisée, transparente et résulatoire. L’opérationnalisation d’un contrôle de gestion robuste apparaît ainsi comme un prérequis incontournable pour la mesure de la performance, la consolidation de la bonne gouvernance, le renforcement de la responsabilité (accountability) et la satisfaction des standards internationaux d’efficacité administrative.

